À fleur d’enfance
Une larme d'étoile
Une larme sourire
Sur ton visage enfin
Éclate en souvenirs.
Et dans mes bras ouverts
Tu viens te réfugier
Comme une épave triste
Sur un visage calme.
Ton sourire sensas,
Ton sourire de rêve
Doucement me caresse
Et doucement me berce.
Dans mon cœur, dans mes yeux
Éternullement dansent
Ton visage sensas,
Tes larmes, tes sourires.
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Les enfants-fleurs.
Le feu faisait baver des coulées de chaleur
Mielleuses et nues dégoulinant à terre.
Le calme lit jardin se paraît de deux fleurs
Que les rayons solaires nimbaient d'un clair mystère.
Deux enfants sur le lit, roses comme des roses,
Fraîches comme un bouquet, exhalent des parfums.
Elles sont dévêtues et doucement déposent
Des baisers en boutons sur leurs longs cheveux bruns.
Leurs pieds enchevêtrés sont racines en tresses
Et leurs jambes de tige et leurs cuisses rameaux
Supportent comme un fruit leurs fesses à caresses
Où s'étalent douceur et pâleur des pavots.
Une toison de mousse au pied de ses corps souples
Réchauffe le foyer des nectars enivrants.
Leurs bras frêles et longs suavement s'accouplent
Réunissant leurs seins en grappes, nus au vent.
Et leurs visages-fleurs aux couleurs de l'opale
En un baiser d'amour se mélangent leur sève.
Par l'étreinte soudée leurs lèvres de pétale
Éclosent en sourire et se baisent sans trêve.
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L'enfant à la plage.
Les mauvâtres rayons de la glaciale lune
Allumaient les yeux noirs d'un enfant sur la dune.
Je me promenais seul et triste sur le sable
Quand, nimbé de clarté, je le vis tel un diable.
Ses cheveux d'ombre au vent, il contemplait la mer.
Je vis ses sombres yeux et son regard amer.
Je contemplais longtemps sa silhouette fine,
Frémissant sous le vent chargé d'odeurs marines.
Ses mains plantées au sol, il observait le vide
Avec, au coin des lèvres, un dur sourire acide.
Je l'aimais, pour l'instant et pour l'éternité.
Je l'aime éperdument, pour sa naïveté.
Je suis amoureux fou des farouches enfants
Qui regardent le ciel, la mer, le feu dansant.
Je me retrouve en eux ainsi qu'en un miroir :
Ils sont "moi", je suis "eux", perdus au fond du soir.
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Premier regret
Et te voilà partie
Déjà et pour toujours
Je croyais infini
Notre soupçon d'amour
Je garde ton sourire
Et ta main soulevée
Qui paraissait me dire
« C'était bien de s'aimer ! »
Je garde ton regard
Et l'éclat de ton rire
L'éclat de tes yeux noirs
De joie ou de plaisir
Je ne te verrai plus
Tu te transformeras...
Et... nouvelle inconnue
Tu me reséduiras
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Le soir du 9
Dans un petit salon, je m'étais isolé
Pour goûter le silence et pour me reposer.
À demi allongé, je lisais, je rêvais,
Distrait par mes pensées... Ou bien je t'attendais ?
La porte, lentement, sur ses gonds a tourné.
Furtive et silencieuse une ombre s'est glissée.
Sur le rebord du lit tu es venue t'asseoir
Sans un mot, sans un souffle, ombre douce du soir.
Et ta tête alourdie des bruits de la maison,
Sur moi s'est reposée. Le silence profond
Laisse dans mes cheveux frissonner le murmure
De ta respiration. J'achève ma lecture,
T'accueillant simplement en creusant mon épaule.
Et tu poses ta main sur ma main qui te frôle.
Je sens tes doigts d'enfant envelopper mon poing,
Dans ma paume filtrant par le moindre recoin.
Ainsi emprisonné sous la grille légère,
Je savoure le feu de ma jolie geôlière :
La chaleur de tes doigts qui, comme des mitaines,
Emmitouflent mes mains de ta douceur de laine.
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Balance-soir.
Des cheveux blonds
Des cheveux bruns
Le soleil fond
Dans le lointain
Et tout en haut
Et tout en bas
Deux grands sourires
Qui se font face
Et puis les rires
Prennent la place
Et tout en haut
Et tout en bas
Les mains serrées
Sur le cordage
La joie chantée
Par les visages
Et tout en haut
Et tout en bas
Les corps ondulent
Dans l'ombre tiède
Vont et reculent
Souples et raides
Et tout en haut
Et tout en bas
Je vous élance
Toutes les deux
Je vous balance
Je suis heureux
Et tout en haut
Et tout en bas
Le soleil doux
Vous éclabousse
Teintant de roux
Vos deux frimousses
Et tout en haut
Et tout en bas
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Regret.
Un regard souriant, une main relevée.
Un visage parlant, une main arrêtée,
Le geste interrompu. Les lèvres entrouvertes
Et les doigts suspendus, et la main comme offerte.
Tu ne pouvais parler de tes lèvres émues
Mais tes yeux me disaient des choses inconnues :
Des adieux sans regrets, sans espoirs, mais remplis
Des souvenirs soyeux qui sont en nous, blottis.
Ce sourire dessiné sur ton visage, enfant,
Avait la volupté d'un rêve caressant.
Ce regard consolant disait, mélancolique :
« Garde en toi la saveur, le parfum, la musique
Des jours passés ensemble, et goûtes-en la vie.
Et puis, ne sois pas triste, et puis...» Tu es partie.
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Aujourd'hui je t'ai vue, enfant de ma mémoire,
Je t'ai revue enfin ! ( Comment le puis-je croire ? )
Depuis longtemps déjà tu t'étais éloignée
Et je n'espérais plus. Au bord de ma pensée
Je te gardais encore une place soyeuse
Où je venais passer, parfois, une heure heureuse
Auprès de toi. Pourtant, je te savais partie.
Je m'étais résigné à feutrer ma folie.
Enfant de mon espoir, je t'ai enfin revue.
J'ai regardé tes yeux et tu m'as reconnu.
J'ai écouté ta voix et tu m'as entendu.
Il a suffit d'un regard complice et confiant
D'une pression de main, d'un baiser souriant
Pour que je te retrouve, émouvante et... enfant !
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Je suis venu m'asseoir, encore, à cet endroit,
Pour regarder la mer et pour penser à toi :
La plage vierge et nue pour ta peau fauve-écrue,
Pour tes longs cheveux d'ombre, un bouquet d'algue crue.
Ta silhouette fine ? Un rocher façonné
Par les remous sableux d'un tourbillon bleuté.
Ta voix ? Un clapotis, un immense silence
Parfois, mais aussi des longs souffles de violence.
Et tes regards ? Les mille creux d'eau, clairs et purs,
Qui luisent sous le ciel de nuit, tendres ou durs,
Les mille reflets noirs d'une marée d'orage.
Mais ta simple présence, au creux d'un paysage,
C'est un grand soleil blanc d'une folle douceur
Qui me prend et me noie, et caresse mon cœur.
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Nous serions venus là, tous les deux ce matin,
Pour regarder la mer : son reflet argentin
Quand les nuages lourds occultent la lumière,
Sa transparence bleue, sa mouvance légère
Quand le soleil s'accroche aux confins du ciel gris.
Au bord de ce creux d'eau, nous nous serions assis,
Nous aurions écouté les caresses vivantes,
Le léger clapotis des vagues chuchotantes.
Et, nos pieds nus baignant, nous aurions bavardé :
Tu m'aurais raconté tes amours, expliqué
Tes projets, tes joies et tes tourments. Ta voix pure
Aurait résonné dans ce long couloir rocheux
Et sonné comme un chant secret et mélodieux,
Comme un souffle d'espoir, un intime murmure.
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Portrait
Sur ma page oubliée
Que vais-je raconter ?
Comment remplir ce vide ?
Oh ! Toi. Toi, pourquoi
N'es-tu pas là ?
Ton regard de lumière
Suis ma plume
Et sa danse légère.
Ton sourire en poussière
Déchire mes émotions.
Quelques traits d'encre :
Une ombre sous tes yeux,
À l'aile de ton nez, sur ta joue.
Est-ce un sourire ironique
Qui méprise ce que j'écris ?
Est-ce un sourire lointain
Mystérieux de vie et de mort,
Un sourire d'existence ?
Est-ce un sourire offert ?
Une caresse écrite
Sur ton visage d'ombre ?
Qu'importe : c'est ton sourire.
Et il harcèle mon désir.
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Sonnet du chemin I
Je suis revenu là où nous avions vécu.
J'ai retrouvé la grange et le grand pré derrière,
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