IV AMOURS ET AMITIÉS
Douze baisers
Mes baisers papillons de paupière à paupière,
Mes baisers eskimos pour ton petit nez froid,
Mes baisers crocodile en te mordant le doigt
Et mes baisers d'amour sur ton cœur en lumière.
Mes baisers éléphant oreille contre oreille,
Mes baisers bouquetin en se cognant le front,
Mes baisers de barbier au bout de ton menton
Et mes baisers d'amour sur ta lèvre vermeille.
Mes baisers de chaton frôlement de visages,
Mes baisers du grand monde esquissés sur ton gant,
Mes baisers implorés à ton pied élégant
Et mes baisers d'amour pour tes sourires sages.
**********
Passez. Passez
Passez. Passez jolie jeune fille inconnue.
Vous êtes la millième et, toujours pour mon cœur,
C’est la première amour. Le nouveau est vainqueur,
Et je choisis toujours la dernière venue.
Donnez-moi votre rire et vos yeux en caresse.
Donnez-moi vos hasards et votre petit nom,
Et le secret parfum qui flotte, brun ou blond,
Sur vos cheveux fleurés en passager d’ivresse.
Passez. Passez jolie. Je vous aime passante
Pour un regard si court, un sourire perdu.
Je vous emporterai dans ma folie flottante,
Mon rêve évanescent, mon désir entendu.
Je cueillerai les fleurs que votre complaisance,
Lorsque vous me croisez, offre à mon inconstance.
**********
Cueillette
Je cueille vos sourires
Comme on vole des fleurs.
Pour les jolis bonheurs
Des jardins purs ou pires
Je cueille vos visages
Comme on fixe le ciel.
Qu'on se brûle au soleil
D'une insatiable image.
Je cueille vos regards
Comme on croque une fraise.
Comme on souffle une braise
Par bonheur, par hasard.
Je cueille vos frissons
Comme on creuse le sable.
Sous la lune friable
Par des nuits sans soupçons.
**********
En tous tes rêves
Je t’aime en tous tes âges,
En toutes tes saisons.
J’aime tous tes visages
Par folies, par raisons.
Petite fille ou femme,
Jeunesse aux yeux ardents
Et même vieille dame,
Je t’aime tout le temps.
Je t’ai aimé sans doute
Avant. Oh ! bien avant
Que je croise ta route
Je t’aimais en rêvant.
Je t’aime pour ton rire
Et malgré tous nos pleurs ;
Je devrais ne rien dire
Qu’en langage des fleurs.
J’aime notre existence,
Nos matins et nos soirs,
Notre chemin d’enfance
Pleins d’esprit et d’espoir.
Je t’aime en tous tes rêves
En toutes tes passions ;
Je t’aime et tu m’élèves
Au jeu des sensations.
**********
Serment d’ami(e)
Lui
— Approche donc, viens là. Nous avons l’occasion
De dire des mots forts, sans gesticulation.
L’autre
— J’ai un peu peur, vois-tu. Je n’ai pas ta faconde ;
Je ne sais pas quoi dire et, devant tout le monde...
Lui
— Laisse donc ! Au contraire, ils seront bien contents,
Les autres de nous voir, toi et moi. Il est temps !
L’autre
— Chacun, bien sûr, le dit... qu’on s’entend bien ensemble
Que nous sommes ami(e)s. Ça se sait, il me semble.
Lui
— Bien sûr mais, aujourd’hui, ce texte théâtral
Nous permet de le jouer devant tous. C’est génial !
L’autre
— Tiens ! Donne-moi la main. Ne dis plus rien. Écoute !
On s’aime bien, c’est sûr ; ça ne fait aucun doute.
**********
Mon plus joli poème
Mon plus joli poème,
Je ne peux te l'écrire.
Je peux juste te dire
Qu'il te dit que je t'aime.
Mon plus joli poème est tissu de ces mots
Que nous n'avons pas dits. Il est peuplé de nuit
Et des mille frissons qui ont couru, sans bruit,
De ton épaule brune à ta cuisse en fuseau.
Mon plus joli message,
Je le garde secret.
C'est un souffle discret
À fleur de ton visage.
Mon plus joli message est fait de ces mots-là
Qui ne sont pas marqués, que je n'ai pas tracés,
De ces mots oubliés avant d'être inventés,
De ces mots que l'on vit mais que l'on n'écrit pas.
Ma plus jolie chanson,
Je ne sais la jouer.
Elle n'a pas de clef,
Elle est dans tous les tons.
Ma plus jolie chanson est remplie de ta voix.
Ta voix qui est gravée dans mon cœur magnétique
Se mêle mélodieuse à la sourde rythmique
De nos sangs confondus psalmodiant notre émoi.
Mon plus joli poème,
Je ne peux te l'écrire.
Je peux juste te dire
Qu'il te dit que je t'aime.
Mon plus joli poème est ton rire éclatant,
Ta joie, à bout portant, tes lèvres sur mes yeux,
Ton sourire posé sur mes baisers heureux
Et ta joue qui s'appuie à mes doigts caressants.
**********
Dentelles
Dentelles de pudeur
Couvrez les nudités
De nos amours en fleur
Et de nos amitiés
Nos âmes seront sœurs
Pour une éternité
Nos rires de bonheur
Jailliront éclatés
On s'aime par amour
Par amitié par cœur
On s'aime pour toujours
Pour un instant trop court
Et les baisers rêveurs
Dureront tout le jour
**********
Le désir d'offrir
Je voudrais te donner des milliers de présents.
Je voudrais te donner ma vie, mon cœur, mon sang.
Je voudrais, chaque nuit, de toute éternité,
Être un cadeau pour toi, être une nouveauté.
Je rêve d'une fête immense et infinie
Où je pourrais t'offrir l'irréel, l'interdit.
Mais j'aimerais, sur tout, plus que toute richesse,
T'apporter, chaque jour, simplement, ma tendresse.
**********
Deux rouges-queues
Deux rouges-queues jolis, au creux du buisson vert,
Poursuivent en piaillant
Leurs amours. Oubliées les rigueurs de l’hiver !
C’est le temps, à présent
Des becquées de plaisir, des chahuts dans le ciel,
Des vols ébouriffés
Parmi les chatons d’or et le poisseux de miel
Des bourgeons éclatés.
Allez-y, mes oiseaux ! Caressez vos duvets
De vos becs savoureux !
Profitez de la vie, les plaisirs sont parfaits
Pour qui est amoureux !
**********
Mon petit cœur
Mon petit cœur
Ma petit' joie
Ma petit' fleur
Ma vie, ma voie
Mon petit cul
Ma petit' reine
Ma petit' nue
Mon rir' ,ma peine
Mon petit diable
Ma petit' fée
Ma jolie fable
Mon odyssée
Ma petit' lune
Ma fière étoile
Ma petit' plume
Mon bleu, ma toile
Mon petit loup
Ma petite biche
Mon petit chou
Ma mie, ma miche
Mon petit or
Ma petit' bête
Ma petit' mort
Ma foll' ,ma fête
**********
Au fond
Au fond du jardin,
J’ai planté du lin
Et un grand tilleul.
Quand viendra ma fin,
J’aurais un linceul
Et un beau cercueil.
Au fond du jardin,
J’ai creusé un trou.
J’y serai très bien
Pour être dissout,
Redevenir rien,
Du terreau, c’est tout.
Au fond de ton cœur
J’ai mis des poèmes,
Et tant que tu m’aimes,
Sois plein de chaleur,
Sois vivant, viveur,
Je vivrai quand même.
**********
Les attentes
Je t’attends, je t’espère
Toujours, à tout moment.
Et si je vitupère
C’est pour faire semblant.
Je t’attends en voiture
Devant les magasins.
Qu’importe si ça dure,
J’ai toujours mes bouquins !
Je t’attends pour rentrer,
Pour partir au théâtre.
Je suis là, à piaffer,
Et tu te mets en quatre.
Je t’attends pour les clefs,
Les sous, le téléphone.
Je voulais appeler :
C’est occupé ! Ça sonne ?
Je t’attends, je regarde
Si c’est bien toi, là-bas.
Deux heures que je garde
Ton tour. Tu ne viens pas !
Je t’attends, je t’adore.
D’avance je frémis
Commentaires