le Cafourniau de Thierry Prellier

     Thierry  Prellier  est :                                                                                                                                                                                                                            

* Maître d'école.

* Ramasseur de cailloux remarquables.

* Chanteur compositeur.

* Naturalisé Breton

* Poète, nouvelliste, romancier,

* Collectionneur de mots rares.

* Amoureux de sa femme.

* Directeur d'école.

* Abstème mais amateur de chocolat.

* Garennois de coeur, Courbevoisien d'élection.

* Polymorphe, polygraphe et plutôt poli.

* Humaniste et athé.

* Cycliste et piéton le plus souvent.

* Lecteur, nageur, siesteur mais insomniaque.

* Un peu têtu et de mauvaise foi, à l'occasion.

* Père d'une fille et d'un garçon.

 Et bien d'autres choses...

 

Lundi 12 février 2007

      Taillures.

 

 

 

Les taillures de crayon

 

Jetées au fond des corbeilles

 

Roulent, se mettent en rond,

 

S’entortillent, s’ensoleillent.

 

 

 

Les taillures de crayon

 

Font des couronnes pareilles

 

À celle que les rois ont,

 

Dont les reines s’émerveillent.

 

 

 

Sur mon dessin, j’ai collé

 

Une étoile de bois rose,

 

Ça fait dans le ciel voilé

 

 

 

Un soleil qui se repose.

 

Les taillures de crayon

 

Sont jolies toutes en rond.

 

 

 

  

 

Par Thierry Prellier - Publié dans : AUTRES POÉSIES
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Vendredi 9 février 2007

               Le petit roi.

 

 

 

Le petit roi, ému, finissait sa galette,

 

La fève devant lui et les larmes au cœur.

 

À qui offrir la fève ? À sa mère ? À ses sœurs ?

 

Ou bien, par politesse, à la tante Henriette ?

 

 

 

La porcelaine blanche en forme de rosette

 

Qu’il avait découverte au milieu des douceurs

 

Du gâteau rond (dont il aimait tant les saveurs)

 

L’avait rendu si fier ! Plein d’une joie muette !

 

 

 

Mais, il fallait choisir une reine ; poser

 

Sur un front la couronne, et souffler un baiser

 

Sur la joue de l’élue. La tante ? La maman ?

 

 

 

Quel dilemme, ah, bon sang ! Il l’aurait bien donnée

 

À sa petite amie… Puis, sans savoir comment,

 

Heureux, il l’a offerte à sa sœur, sa puînée.

 

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Vendredi 9 février 2007

        Récré internée.

 

 

 

Aujourd’hui, il pleut très fort ;

 

Nous ne pourrons pas nous rendre

 

En récréation dehors.

 

Oui ! Ce sera long d’attendre.

 

 

 

Mais, exceptionnellement :

 

Récréation dans la classe…

 

Sans chahut, évidemment !

 

Chacun peut changer de place.

 

 

 

On peut lire ou dessiner,

 

Jouer aux chevaux, aux dames,

 

Sur le tableau griffonner,

 

Faire un puzzle, un tangram.

 

 

 

Mais, on parle doucement.

 

Et lorsque ce sera l’heure,

 

Chacun son emplacement.

 

Sauf cas de force majeure,

 

 

 

Nous sortirons dans la cour

 

À la fin de la journée.

 

Soyez sage, gentil, pour

 

Cette récré internée !  

 

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Vendredi 9 février 2007

   La princesse en colère.

 

 

 

La princesse en colère

 

Est allé voir la mère

 

Du prince un peu benêt.

 

La belle revenait,

 

Descendant une échelle,

 

De ce tas pêle-mêle

 

De matelas divers.

 

« Quelle idée à l’envers,

 

D’empiler les couchettes

 

Ainsi que des galettes !

 

C’est déséquilibré,

 

Et j’ai bien cru sombrer

 

Tellement était molle

 

Cette épaisseur si folle !

 

Et, quant au Petit Pois,

 

Est-ce que quelqu’un croit

 

Qu’il eût été possible

 

Que je ne sois sensible

 

À ce qu’on avait mis

 

Dessous, comme promis !

 

(On ne devait rien dire :

 

Ça devait faire rire !)

 

Non ! Pas un petit pois !

 

(On écrit ça parfois !)

 

Mais une boîte entière,

 

Dure comme une pierre :

 

Une boîte en métal !

 

Oh ! Que j’ai eu du mal,

 

Dans un pareil désordre

 

À dormir sans me tordre

 

Le dos au fond d’un creux,

 

Ou sur ces pois affreux !

 

Je voudrais qu’on me laisse

 

Dormir ! Que rien ne blesse

 

Ni mon dos délicat,

 

Ni mes reins doux de chat :

 

Ma beauté naturelle,

 

Quoi ! Je suis Demoiselle !

 

Cela suffira bien

 

Pour ce prince vaurien !  

 

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Vendredi 9 février 2007

        Les quatre coins.

 

 

 

 

 

Quatre arbres dans la cour,

 

 

Quatre coins où je cours.

 

 

Mais il faut que les coins

 

 

Ne se trouvent pas loin.

 

 

   Cinq enfants dans la cour

 

 

   Qui jouent aux quatre coins,

 

 

   Qui courent tout autour

 

 

   Mais ne vont pas trop loin.

 

 

On échange les coins,

 

 

On tend la main, on court :

 

 

« Non ! C’était trop court ! »

 

 

  Le cinquième, avec soin,

 

 

   Bondit, nous prend de court,

 

 

   Et enfin nous rejoint.

 

 

   « C’est à chacun son tour ! »

 

 

« Tends la main et je cours…

 

 

Ne brandis pas le poing ! »

 

 

   Mais le jeu tourne court :

 

 

   Le cinquième a besoin

 

 

   De faire pipi. « Cours

 

 

   Là-bas, au petit coin ! »

 

 

Quatre coins dans la cour,

 

 

Quatre arbres sont là pour

 

 

Que les enfants, toujours,

 

 

S’amusent : «  Quatre coins ! »

 

 

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