le Cafourniau de Thierry Prellier

     Thierry  Prellier  est :                                                                                                                                                                                                                            

* Maître d'école.

* Ramasseur de cailloux remarquables.

* Chanteur compositeur.

* Naturalisé Breton

* Poète, nouvelliste, romancier,

* Collectionneur de mots rares.

* Amoureux de sa femme.

* Directeur d'école.

* Abstème mais amateur de chocolat.

* Garennois de coeur, Courbevoisien d'élection.

* Polymorphe, polygraphe et plutôt poli.

* Humaniste et athé.

* Cycliste et piéton le plus souvent.

* Lecteur, nageur, siesteur mais insomniaque.

* Un peu têtu et de mauvaise foi, à l'occasion.

* Père d'une fille et d'un garçon.

 Et bien d'autres choses...

 

Jeudi 8 février 2007

 III      TRISTESSE

 

 

 

 

 

 

 

     Une larme d'étoile

 

 

 

Une larme d'étoile

 

Une larme sourire

 

Sur ton visage enfin

 

Éclate en souvenirs.

 

Et dans mes bras ouverts

 

Tu viens te réfugier

 

Comme une épave triste

 

Sur un visage calme.

 

Ton sourire sensas,

 

Ton sourire de rêve

 

Doucement me caresse

 

Et doucement me berce.

 

Dans mon cœur, dans mes yeux

 

Éternullement dansent

 

Ton visage sensas,

 

Tes larmes, tes sourires.

 

                        **********

 

 

     Tristesse

 

 

 

Viens là, douce compagne.

 

Viens là, grande tristesse.

 

Vois la nuit qui me gagne

 

Et m’emplit de paresse.

 

 

 

Elle s’installe ici

 

Au cœur de ma faiblesse

 

Mais son ombre infinie

 

Ne vaut pas ta caresse

 

 

 

Belle compagne douce,

 

Grande et pâle tristesse.

 

Vois-tu, je fuis sans cesse,

 

 

 

Et sans cesse à mes trousses

 

La mort court et me presse

 

Et berce ma détresse.

 

                        **********

 

 

 

         Je me suis étendu

 

 

 

Je me suis étendu sur l'herbe noire

 

Face au ciel silencieux

 

         Face au néant

 

Face aux astres précieux

 

Qui ne sont rien en quoi je puisse croire.

 

 

J'ai regardé le vide et sa lumière

 

Cherchant à l'infini

 

         Une raison

 

Un sens à notre vie

 

Mais il n'y a plus rien que la poussière

 

                        **********

 

 

 

 

          Laissez-moi, mes amis

 

 

 

Laissez-moi, mes amis, m'isoler un moment.

 

Dieu sait si je vous aime et si je suis content

 

De vous trouver toujours pour oublier ma peine,

 

Mais, ce soir, laissez-moi, je suis d'humeur bien vaine.

 

J'aime à venir m'asseoir, à l'écart, sur un banc,

 

Sur une pierre plate ou sur le sable blanc,

 

À vous entendre un peu, de loin : douce musique

 

Qui berce mon esprit fâché, mélancolique ),

 

À vous savoir là-bas quand mon âme est ailleurs,

 

À pouvoir rester seul, tout en étant plusieurs.

 

Je ne sais pas bien dire où se joue ma tristesse.

 

Sont-ce les jours finis ? Est-ce la vague ivresse

 

Des larmes, des sanglots, fussent-ils intérieurs ?

 

Et que dois-je espérer vraiment ? Quels jours meilleurs ?

 

                        **********

 

 

 

         Bruits de nuit

 

 

 

Une nuit sans sommeil. Encore !

 

Et je suis épuisé pourtant.

 

Mon pauvre vieux cerveau ignore

 

La joie, le repos du néant.

 

 

 

Le lent tic-tac de la pendule

 

Se mêle au frisson du compteur.

 

Un avion très lointain hulule

 

Le roulement de son moteur.

 

 

 

Un enfant a bougé peut-être...

 

Le chat a gratté son grelot

 

Et j’ai même cru reconnaître...

 

Mais non, c’est un borborygme. Sot !

 

 

 

Que vais-je faire, tout à l’heure,

 

Lorsque j’aurai fini ces vers ?

 

Il ne faut pas que je me leurre,

 

Demain : je serais de travers !

 

                        **********

 


           Pleurs

 

 

Dis ! Te rappelles-tu

 

La caresse fragile

 

Des larmes si tranquilles

 

Qui perlent, ingénues,

 

À l'orée de tes cils ?

 

 

 

Un collier merveilleux

 

S'est tristement brisé

 

Et s'écoule étonné

 

De la nuit de tes yeux

 

Fascinante et gelée.

 

 

 

Une tiède cascade

 

Éclabousse tes joues

 

Et la vie devient floue.

 

Les couleurs sonnent fades ;

 

Les parfums chantent doux.

 

 

 

Dans le coin de tes lèvres,

 

Elles glissent, salées,

 

Amères et fanées,

 

Et t'enivrent de fièvre.

 

Tu t'enrêves étonnée.

 

                        **********

 

 

              De mon temps !

 

 

 

De mon temps !

 

Ah ! De mon temps...

 

Paris était encore une jolie ville,

 

Les filles restaient simples et gracieuses ,

 

Les étés étaient toujours ensoleillés,

 

Les jeunes aimaient l’école,

 

Le pain ne coûtait pas cher

 

Et les gens se parlaient,

 

De mon temps !

 

Les enfants aimaient leur maître

 

Et le Mètre Étalon était à Sèvres,

 

En platine iridié, au Pavillon de Breteuil,

 

De mon temps !

 

Il neigeait à Noël,

 

Les chansons étaient gaies,

 

Les danses chaleureuses.

 

On savait s’amuser.

 

On avait une orange aux étrennes

 

Et des jupes plissées pour aller à confesse.

 

Les gens étaient honnêtes

 

Et les accents pointus,

 

De mon temps !

 

Le temps était plus long,

 

Le quartier plus vivant.

 

Les cahiers avaient bien plus de pages

 

Et les journaux bien moins d’images.

 

On savait vivre,

 

Boire, rire et manger.

 

Et quand on se mariait,

 

On faisait des noces à tout casser,

 

De mon temps !

 

C’était moins compliqué,

 

Tout n’allait pas si vite,

 

Le temps n’était pas détraqué

 

Et on parlait français,

 

De mon temps !

 

Ah ! De mon temps !

 

J’étais jeune surtout...

 

J’étais jeune...

 

On savait être jeune, allez !

 

                        **********

 


                 Les enfants planeurs

 

 

 

J’ai tellement pleuré à ce Noël

 

         Que je ne me souviens

 

De rien, ni de personne. Et le réel

 

         A rompu tous les liens.

 

 

 

Je me revois marchant, accompagné

 

         De mon ami d’alors,

 

Mon cœur refusant de se résigner

 

         Et souffrant mille morts.

 

 

 

Nous allions dans la neige et dans la nuit,

 

         Et le pauvre garçon,

 

Simplement, m’emportait sans but, sans bruit,

 

         Étouffant mon frisson.

 

 

 

Je revois la veillée dans le chalet

 

         Les enfants harmonieux

 

Et le petit dernier qui ne voulait

 

         Pas me voir malheureux.

 

 

 

Dans des journaux nous avions détouré

 

         Des images, des mots.

 

Que nous collions, univers coloré,

 

         En minutieux tableaux.

 

 

 

Moi, j’avais découpé trois vieux violons,

 

         Des oiseaux, des enfants,

 

Et, sur un fond bleuté de ciels profonds,

 

         J’avais écrit : «Attends ! »

 

 

 

« Attends petit ! Mon bel enfant planeur,

 

         Que se lève le vent. 

 

On ne se rapproche du vrai bonheur

 

         Qu’en s’espérant vivant. »

 

                     **********

 

 

 

        Rêve

 

 

 

L'ennui troublant,

 

L'enterrement

 

Qui doucement

 

S'en va traînant.

 

 

 

Les feuilles mortes

 

De toutes sortes

 

Que le vent porte

 

Contre ma porte.

 

 

 

Le ciel rougit.

 

Elle pâlit

 

Et se blottit

 

Dans ma folie.

 

 

 

Ce n'est qu'un rêve

 

Et il m'enlève,

 

Trouble ma sève

 

Et puis s'achève.

 

                        **********

 


 

 

Par Thierry Prellier - Publié dans : FANTIN
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 8 février 2007

II    NEIGES, NOËLS ET FÊTES

 

 

 

     L’amie de Noël

 

 

Les grelots du sapin

 

Grelottent leur refrain.

 

Les étoiles, les anges

 

Et les rondes oranges

 

Cloutées (quelle senteur !)

 

De girofle, et les cœurs

 

Détourés, les chandelles,

 

Les flocons en dentelles,

 

Toute la profusion

 

De la décoration…

 

C’est l’hiver. C’est Noël.

 

Le soir est éternel,

 

Mais le cœur en alarme,

 

L’œil mouillé d’une larme,

 

Je pense à mon amie

 

Qui est là-bas, partie

 

Pour des pays lointains

 

Sans espoir de demains,

 

Qui fait un long voyage.

 

Alors, comme une image,

 

J’écoute le sapin

 

Qui grelotte sans fin

 

Et où tintinnabulent

 

Son rire dans des bulles.

 

                        **********

 

     Sourire d’enfant

 

 

Le petit lutin

 

De l’année nouvelle

 

Est là ce matin

 

Qui crie et t’appelle.

 

 

 

« Enfant ! Fais des vœux

 

Car l’année commence.

 

Choisis qui tu veux,

 

Offre l’espérance ! »

 

 

 

Le petit garçon,

 

Ou la demoiselle,

 

Fait un tourbillon,

 

Léger, comme une aile.

 

 

 

 « Bonne année à tous,

 

Et bonne santé.

 

Je viens souhaiter

 

Une vie très douce,

 

 

 

Des amis, des fleurs,

 

De la gentillesse ;

 

Pas de la richesse

 

Mais bien des bonheurs.

 

 

 

Je viens apporter

 

Mon simple sourire,

 

Pour faire s’ouvrir

 

L’année en beauté ! »

 

                        **********

 


 

 

 

    Salut Noël        

 

 

Salut ! Petit Noël.

 

Salut ! Petit papa.

 

Salut ! Toi dans le ciel

 

Où je ne te vois pas.

 

 

 

J’ai fait une commande

 

De jouets de couleurs.

 

Mais j’ai aussi l’offrande

 

De ma joie, de mon cœur.

 

 

 

Salut ! petite neige.

 

Salut ! mon soleil blanc.

 

Voici mon florilège.

 

Salut à ma maman !

 

 

 

J’ai colorié en or

 

L’étoile du sapin,

 

Et pour l’enfant qui dort,

 

Je chantonne un refrain.

 

 

 

Salut ! Petit Noël

 

Salut ! Mes bons amis.

 

Regardez dans le ciel

 

Les anges endormis.

 

                        **********

 

 

 

   Boule neigeuse

 

 

 

Boule neigeuse

 

Roule rieuse

 

Neige du ciel

 

Nuit de Noël

 

 

 

Boule soyeuse

 

Brûle précieuse

 

Neige au soleil

 

Nuit sans sommeil

 

 

 

Boule joyeuse

 

Roule curieuse

 

Neige irréelle

 

Nuit éternelle

 

 

 

                        **********

 

 

 

             Bulle de neige

 

 

 

Il neigeait au soleil des paillettes d’argent.

 

Cela brillait en l’air, poudre de métal blanc.

 

C’était beau ! C’était doux ! Je me croyais perdue

 

Dans ces boules de verre, affreuses, qu’on remue…

 

Les sapins saupoudraient leur givre dans le vent,

 

Et les flocons brûlaient sous le soleil levant.

 

                        **********

 


  

 

          Bonne année les Enfants

 

 

Bonne année à vous tous, Enfants de mon école.

 

Bonne année aux Petits, aux Moyens et aux Grands.

 

À vous tous je souhaite une année belle et folle,

 

Pour jouer, pour grandir… L’amour de vos parents

 

 

 

Est le plus beau bonheur qui puisse être. Il console

 

Des chagrins de la vie. Vos regards rassurants,

 

Vos joies, vos cœurs rieurs et doux, votre parole

 

Enfantine, nous font vivre heureux, espérants.

 

 

 

Bonne année, les Loupiots. Bonne et heureuse année.

 

Bonne santé, bien sûr. Bonne année à tous ceux

 

Qui viennent à l’école et qui, chaque journée,

 

 

 

Donnent un peu leur vie, leur temps, pour vos beaux                                                                                                                     [yeux,

 

Pour tout l’espoir qu’on a en vous voyant paraître.

 

Bonne année, mes Enfants, grandissez de bien-être.

 

                        **********

 

 

 

 

 

                 La Fête des Mères

 

 

Lorsque l’on a cinq ans, en classe maternelle,

 

La maîtresse ou le maître, appliqué, vertueux,

 

Nous fait apprendre et réciter, cérémonieux,

 

Des poèmes disant : « Maman est la plus belle. »

 

 

 

Bientôt, on devient grand : jeune homme ou demoiselle.

 

On offre des bouquets noués de velours bleus,

 

Des foulards, des colliers. D’un mot affectueux,

 

D’un baiser sur la joue, on est l’enfant fidèle.

 

 

 

Et puis on se révolte, on trouve ça crétin,

 

Commercial. On ne veut pas continuer Pétain…

 

À la Saint-Moulinex les opposants se fâchent !

 

 

 

Et pourtant ! On a beau frôler ses cinquante ans,

 

On voudrait dire encore, au moins de temps en temps :

 

« Oh ! Je t’aime maman. Il faut que tu le saches ! »

 

                        ***********

 

 

 

 

 


Par Thierry Prellier - Publié dans : FANTIN
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 8 février 2007

  I     POÈTES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                  Le petit poète

 

 

 

C’est le berceur des cœurs, le charmeur de serments,

 

L’admirateur béat des nuits, des firmaments.

 

C’est le collectionneur de souffles de vocables,

 

C’est le diseur de mots, c’est le marchand de fables.

 

C’est le carillonneur des grelots intérieurs,

 

C’est l’amoureux du blanc, du noir et des couleurs,

 

C’est le poétereau, l’âme anachréontique

 

Qui pindardise un peu s’il est mélancolique,

 

Mais qui rit ou qui pleure au fil de ses crayons ;

 

C’est le petit poète et ses petits rayons.

 

                        **********

 

 

              À quelques amis inconnus

 

 

Je voudrais vous offrir quelqu'une poésie

 

Qui dort bien oubliée au secret d'un recueil.

 

Je crois que vos bons cœurs y feraient bel accueil

 

Pardonnant à mes vers leur peu de fantaisie.

 

 

 

J'ai souvent l'âme noire, et le regard bistré.

 

Je parle de la mort, des rêves impossibles,

 

Des amours espérées, perdues, inaccessibles,

 

Et de l'enfance aussi dont je reste frustré.

 

 

 

Je me suis fait un monde au fil de mes poèmes,

 

Un univers peuplé de signes allusifs,

 

Un pays onirique aux refrains récursifs

 

Où je berce ma peur et mes chagrins abstèmes

 

 

 

Avec qui partager ce langage précieux ?

 

Qui s'intéresse encore à ces jeux ridicules ?

 

Qui cisèle ses mots, caresse ses virgules,

 

Et griffe des quatrains d'un crayon prétentieux ?

 

 

 

Quel fieffé nostalgique écrit des élégies,

 

Des odes, des sonnets, aux temps du libre vers ?

 

Un nigaud même pas provoquant ! D'un revers

 

De la main, l'éditeur le voue aux gémonies.

 

  

 

Le rimailleur, toujours, apparaît bien suspect.

 

Un froid rictus l'englue d'âpre sollicitude.

 

Mais le sentiment noir de sa vraie solitude

 

Sera, ou bien sa lie, ou bien son petit lait.

 

 

 

Malgré quelques gros mots, quelques jeux de paroles,

 

Malgré mon goût pervers pour d'abstrus substantifs,

 

Je me plais à conter ; mes cris sont narratifs

 

Et ils tournoient toujours près de vos âmes folles.

 

 

 

Cela ne se fait plus, de parler simplement

 

De sa vie, de sa peur de son rêve improbable ;

 

Rien n'est plus désuet que d'être déchiffrable.

 

Le vers est dans le fruit, la fleur du mal nous ment.

 

 

 

Tant pis ! J'écris encore en formes surannées.

 

Le lecteur imbécile, inculte et provincial

 

Comprendra mon propos sans un guide spécial

 

Expliquant les concepts, les cryptiques données.

 

 

 

Mais c'est à vous, surtout, vieux amis inconnus,

 

Que j'aurais bien aimé faire lire quelques pages.

 

De loin et de longtemps, je vous offre l'hommage

 

De mon cœur déchiré à vos cœurs prévenus.

 

                        **********

 

 

   Le rocher du poète

 

 

 

Juché sur un rocher

 

Ainsi qu’un vrai poète

 

J’espère la tempête

 

Qui saura me coucher.

 

 

 

Mon encre va sécher

 

Au suroît qui me fouette

 

Et les cris d’une mouette

 

M’empêchent de chercher.

 

 

 

Tout semble m’empêcher

 

D’écrire ma sornette.

 

« Ne joue pas le poète

 

Et va donc te cacher ! »

 

 

 

Sur mon rocher, juché,

 

Je songe au vieux poète

 

Inspiré. Je m’entête

 

Sur un vers ébréché.

 

 

 

J’ai l’air fou, éméché.

 

Un gosse, une fillette

 

M’aperçoit et s’inquiète,

 

S’apprête à me prêcher.

 

  

 

« Allez ! va-t-en pêcher

 

Plus loin à la crevette.

 

Moi je fais le poète

 

Et je vais me fâcher ! »

 

 

 

Je connais le cliché :

 

L’inspiré, l’âme en fête,

 

Qui, sur l’estran, répète

 

Un sonnet amoché.

 

 

 

Eh bien ! (juré, craché)

 

Là, c’est moi le poète.

 

Suffit que je me mette

 

Là-haut, sur mon rocher.

 

 

 

Oh ! Combien je m’embête

 

Ainsi à remâcher

 

Mes mots. Mais, mon péché,

 

C’est de jouer au poète !

 

                        **********

 


     Mon petit cahier

 

 

 

Je saisis mon cahier.

 

J'ai des choses à dire.

 

Je lisse le papier,

 

Je m'apprête à écrire.

 

 

 

Je crois sentir, bien sûr,

 

Le fond de ma pensée.

 

J'ai l'esprit clair et pur,

 

J'ai l'âme bien sensée.

 

 

 

Et pourtant, sans savoir

 

vraiment ce qui se passe,

 

Mes mots me laissent voir

 

Comme un nouvel espace.

 

 

 

Mon poème fini,

 

J'ai parlé d'autre chose.

 

Je m'étais défini

 

Pourtant si bien ma cause !

 

 

 

Mais, écrire c'est ça.

 

On s'emporte. On se laisse

 

Divaguer ça et là

 

Au gré de sa faiblesse.

 

 

 

Et l'on est ébahi,

 

Le cœur en feu, en cendre,

 

D'avoir si peu choisi,

 

De s'être laissé prendre.

 

                        **********

 


Par Thierry Prellier - Publié dans : FANTIN
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 8 février 2007

                        PRÉFACE

 

 

 

Aux enfants de trois ans :

 

Salut petit gars ! Salut petite fille !

 

Dessine. Mets des couleurs là où la page a du blanc.

 

Fais des ronds et des fleurs, des ponts, des petits cœurs…

 

 

 

Aux enfants de cinq ans :

 

Demande à ton maître, à ta maîtresse

 

De te lire quelque chose. Tu peux jouer

 

à dire un poème de plein de façons.

 

En criant, en chuchotant, en prenant un air coquin,

 

un air fâché, un air étonné.

 

Ou en riant ! Ou en pleurant !

 

 

 

Aux enfants de sept ans :

 

Tu as le droit d’écrire sur ce livre.

 

Tu as le droit d’entourer ce qui te plait,

 

même un petit morceau au milieu d’un poème.

 

Tu as le droit de choisir, de lire ce que tu aimes.

 

Ce sont tes poèmes. C’est à toi maintenant…

 

 

 

Aux enfants de neuf ans :

 

Il y a de tout dans ce livre. Parfois c’est difficile.

 

Je le sais mais je ne te prends pas pour un bébé.

 

Tu vas mettre un poème dans ta mémoire, pour toi,

 

Pour te bercer de mots, pour offrir à quelqu’un

 

que tu aimes,

 

pour offrir à tout le monde quand tu aimes le monde.

 


 Aux enfants de onze ans :

 

Ce n’est pas parce que tu es grand que tu dois tout lire.

 

Ce n’est pas parce que tu lis que tu dois tout aimer.

 

Fais à ta guise ! Fais à ton idée !

 

Tu liras la suite plus tard, tu as toute la vie devant toi.

 

Tu peux aussi jouer à transformer les textes en les réécrivant autrement, ou les mettre en scènes de théâtre.

 

Tu peux écrire aussi

 

C’est si bon d’écrire des bons mots.

 

C’est si doux d’écrire des mots doux.

 

 

 

 

 

                                              Marie Kerguelen

 

 


 

 

 

 

 

À Fabienne Prellier

 

  Une Maîtresse d’école,

 

             Ma femme,

 

               Ma chère femme

 


Par Thierry Prellier - Publié dans : FANTIN
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 6 février 2007

Le Petit Dictionnaire des mots rares

 

Le Petit dictionnaire des mots rares est édité au Livre de Poche.

 

 

J'ai, depuis des années que je travaille à cette collection et que je lis toujours avec curiosité, doublé le nombre d'entrées, le nombre de mots de mon dictionnaire. Je suis en contact avec les éditions Le ROBERT pour envisager une nouvelle édition. Bon sang que tout cela est long !

 

 

J'aimerais que ce dictionnaire des mots rares prenne à la fois la forme sérieuse d'un ouvrage de référence dans la collection des dictionnaires ROBERT spécialisés (dictionnaire des synonymes, dictionnaire étymologique, dictionnaire des citations, des difficultés etc.), et à la fois qu'il permette de goûter les plaisirs sonores et sémiologiques de la langue (j'allais dire les plaisirs sensuels de la langue jouant sur le double sens du mot sens avec beaucoup de gourmandise !)

 

 

J'ajouterais encore volontiers quelques pistes de jeux du Dictionnaire ou de jeux pédagogiques autour du dictionnaire afin de prendre, encore et toujours, plus de plaisir à parcourir les pages si pleines de mystères de ce glossaire chatoyant.

 

 

Par Thierry Prellier - Publié dans : DICTIONNAIRE
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus