le Cafourniau de Thierry Prellier

     Thierry  Prellier  est :                                                                                                                                                                                                                            

* Maître d'école.

* Ramasseur de cailloux remarquables.

* Chanteur compositeur.

* Naturalisé Breton

* Poète, nouvelliste, romancier,

* Collectionneur de mots rares.

* Amoureux de sa femme.

* Directeur d'école.

* Abstème mais amateur de chocolat.

* Garennois de coeur, Courbevoisien d'élection.

* Polymorphe, polygraphe et plutôt poli.

* Humaniste et athé.

* Cycliste et piéton le plus souvent.

* Lecteur, nageur, siesteur mais insomniaque.

* Un peu têtu et de mauvaise foi, à l'occasion.

* Père d'une fille et d'un garçon.

 Et bien d'autres choses...

 

Lundi 12 février 2007

               C’ n’est pas moi.

 

 

 

Mon violon ! Il est cassé !

 

C’ n’est pas moi ! C’ n’est pas moi, je te le jure.

 

Mon violon ! Il est cassé !

 

C’ n’est pas moi, je te le jure

 

Qui en ai fait un voilier.

 

 

 

Mon cahier est tout petit !

 

C’ n’est pas moi ! C’ n’est pas moi, je te promets.

 

Mon cahier est tout petit !

 

C’ n’est pas moi, je te promets

 

Qu’en ai fait des confettis.

 

 

 

Mes lunett’s sont en morceau !

 

C’ n’est pas moi ! C’ n’est pas moi, je te l’assure.

 

Mes lunett’s sont en morceau !

 

C’ n’est pas moi, je te l’assure

 

Qui en ai fait un vélo !

 

 

 

Mon bob est brûlé autour !

 

C’ n’est pas moi ! C’ n’est pas moi, je te le dis.

 

Mon bob est brûlé autour !

 

C’ n’est pas moi, je te le dis

 

Qu’en ai fait un abat-jour.

 

 

 

Mes chaussur’s sont dans le bain !

 

C’ n’est pas moi ! C’ n’est pas moi, j’en fais serment.

 

Mes chaussur’s sont dans le bain !

 

C’ n’est pas moi, j’en fais serment

 

Qu’en ai fait un sous-marin.

 

 

 

Mon parapluie ! Quelle brute !

 

C’ n’est pas moi ! C’ n’est pas moi, c’est évident.

 

Mon parapluie ! Quelle brute !

 

C’ n’est pas moi, c’est évident

 

Qu’en ai fait un parachute.

 

 

 

Mon traversin ! Explosé !

 

C’ n’est pas moi ! C’ n’est pas moi, j’en suis témoin.

 

Mon traversin ! Explosé !

 

C’ n’est pas moi, j’en suis témoin

 

Qu’en ai fait une fusée.

 

 

 

 

 

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Lundi 12 février 2007

        Sous la table.

 

 

 

La galette est découpée.

 

C’est toi le plus jeune. Allez !

 

Va sous la table, appeler.

 

   C’est pour qui ? — C’est pour tonton.

 

     Pour qui ? — Pour cousin Léon.

 

     C’est pour qui ? — C’est pour Marraine,

 

Peut-être elle sera reine !

 

 

 

La galette est divisée.

 

C’est toi le plus jeune. Allez !

 

Va sous la table indiquer…

 

     C’est pour qui ? — C’est pour papa.

 

     Pour qui ? Fred ou Nicolas.

 

     C’est pour qui ? — C’est pour grand-mère

 

Ou pour Loulou, la dernière.

 

 

 

La galette est partagée

 

C’est toi le plus jeune. Allez !

 

Va ! Il te faut désigner…

 

     C’est pour qui ? — C’est pour maman.

 

     Pour qui ? — Nana ou Fanfan.

 

     C’est pour qui ? — Ben ! C’est pour moi,

 

     Pour la Reine ou pour le Roi ?

 

  

 

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Lundi 12 février 2007

               Lecture interdite.

 

 

 

C’est interdit de lire ici, grand fainéant !

 

Va plutôt travailler, va t’occuper des bêtes

 

Ou aider au jardin. Si ainsi tu t’entêtes

 

À rester yeux baissés et le museau béant,

 

 

 

Caché dans un recoin, blotti sur ton séant ;

 

Si tu restes rêver à tes histoires bêtes

 

Qui enflamment les nerfs et font tourner les têtes ;

 

Qui ne sont faites que pour ton cœur mécréant ;

 

 

 

Que deviendras-tu donc, pauvre enfant trop gracile ?

 

Va-t’en courir les champs… Va respirer le ciel…

 

Les livres te feront devenir imbécile.

 

 

 

Te voilà pâlichon. Allez ! Entends l’appel

 

De tous tes compagnons. Va, va ! Laisse ton livre !

 

Laisse les songe-creux ! Reviens-nous, reviens vivre !  

 

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Lundi 12 février 2007

         Marelle à ciel.

 

 

 

Sur le sol gris de mon école,

 

Avec un bout de craie, usé,

 

J’ai dessiné, pour m’envoler

 

Une marelle à l’air brisé.

 

    À cloche-pied, à pousse et tire

 

    J’ai sautillé droit vers le ciel

 

    Et les copains, dans un fou rire

 

    M’ont poursuivi jusqu’au soleil.

 

De case en case, à cloche rêve

 

J’ai recueilli comme une fleur.

 

Et ma marelle, accroche-cœur,

 

M’a fait passer pour bon élève.

 

    Tous les garçons, toutes les filles,

 

    Avec moi se sont envolés :

 

    De terre en ciel, tous ils gambillent

 

    Sans que je les ai appelés.

 

Emporte-nous ! Jolie marelle,

 

Nous relancerons le palet

 

Toujours plus loin, montant l’échelle

 

À cloche-pied, jusqu’au sommet.

 

    Sur le goudron noir de la cour

 

    Huit cases font comme un avion.

 

    À cloche-coeur, aller-retour

 

    De terre à terre, en illusion.

 

Sur le sol du petit préau,

 

Huit carrés forment un oiseau :

 

Ailes du bas, ailes du haut,

 

Et un nuage pour chapeau.

 

    Allez copains ! Allez copines !

 

    Lançons nos boîtes jusqu’au bout

 

    Les marelles qui nous fascinent

 

    Nous font toujours revenir fous

 

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Lundi 12 février 2007

    Répartitions.

 

 

 

Voici ceux du goûter

 

Et ceux qui n’y vont pas.

 

Là, les mange cantine,

 

Là les mange maison.

 

Ici ceux de l’étude

 

Et là-bas ceux qui sortent.

 

Ceux qui prennent le car,

 

Ceux qui rentrent à pieds.

 

Ceux qui font de l’anglais,

 

Ceux qui font de la danse.

 

Venez ! Les deux malins,

 

Et par-là tous les autres.

 

Dans ce coin les plus jeunes ;

 

Les aînés sur ce banc.

 

Près du bureau, vous six

 

Les autres, à vos places.

 

Devant les plus petits

 

Et derrière les grands.

 

Les garçons à ma droite,

 

À ma gauche, les filles.

 

Les premiers à l’arrière

 

Et les derniers, devant.

 

Par-là ceux qui finissent,

 

Par-là ceux qui commencent.

 

Les bleus, de ce côté

 

Et de l’autre les jaunes.

 

Les rouges dans ce sens,

 

Les verts dans l’autre sens.

 

De A à L, ici

 

Et de M à Z, là.

 

Voici les prénoms courts,

 

Et là les prénoms longs.

 

Et, tout autour de moi,

 

Que viennent les plus sages.

 

Enfin ! Toute la classe.

 

Les voilà réunis !

 

 

 

 

 

  

 

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